Dans les années 80 (j’avais une trentaine d’années), j’étais instituteur à Bora Bora, ma femme était responsable de la boutique d’un grand hôtel, et nous vivions heureux au bord du lagon avec nos trois enfants. Mais un beau jour, j’ai commencé à ressentir une oppression dans la poitrine et des difficultés à respirer. Mon médecin m’a envoyé à Papeete pour passer une batterie de tests. Au retour, il a regardé les résultats et il m’a annoncé : « Tous tes organes marchent bien. En fait, tu fais une dépression nerveuse ! » Wow ! Pour moi, ça a été un choc ! Je me croyais très fort et au-dessus de ça. Et pourtant, tous les symptômes étaient là : fatigue, sentiment d’oppression, perte de l’estime de moi, perte de la concentration, culpabilité… J’étais incapable de continuer à faire la classe.
Après quelques semaines d’arrêt maladie, voyant que mon état ne s’améliorait pas, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J’avais besoin de changer d’air, de changer de vie, de partir loin de tout ce qui me rappelait mon état. Le métier d’instituteur est très stressant et je rêvais de vivre une vie sereine à la campagne. Nous avions un peu plus d’un million cfp à l’épargne et c’était à l’évidence bien trop peu pour réaliser mon rêve en Polynésie. Nous sommes donc parti, ma femme et moi, avec nos trois enfants sous le bras, dans un pays où nos maigres économies valaient quelque chose : le Brésil.
J’ai acheté un terrain de 10.000 m2 à la campagne, à une centaine de kilomètre de Rio de Janeiro. C’était un superbe terrain de brousse, en haut d’une colline, avec une vue à 360° ! J’ai dessiné la maison de mes rêves - une maison avec le rez-de-chaussée en dur et un étage en bois, avec une terrasse qui faisait tout le tour. Je travaillais à Rio comme professeur de français langue étrangère et j’allais tous les week-end surveiller les travaux de viabilisation et la construction de la maison que j’avais confiée à un petit entrepreneur local. Comme nous avions peu d’argent, les travaux ont duré presque un an. Je n’avais jamais construit de maison et j’ai appris énormément pendant tous ces mois à mettre la main à la pâte. Finalement, la maison et les aménagements ont été terminés et c’était tel que je l’avais rêvé - magnifique !
A bout de quatre ans, nous avons eu le mal du Fenua et nous avons vendu la propriété et sommes rentré à Tahiti avec plein de souvenirs et d’expériences.
Parfois ce sont les coup durs qui nous poussent à changer. C’est lorsqu’on n’en peut plus qu’on trouve la force d’aller vers l’inconnu et c’est ça qui permet de vivre des aventures qu’on n’aurait pas vécu si on était resté dans notre zone de confort.
Alors, si vous traversez une période difficile, peut-être que c’est le moment de réaliser votre rêve !
Pour en avoir le cœur net, participez au prochain atelier Dessine ton rêve.
